Samedi dernier j’ai participé aux "défis du chott". Epreuve organisée par sports Akileine dans le sud Tunisien. C’est un marathon, semi & 10Km comme il est de coutume dans ce genre de manifestations. L’aventure a, curieusement, été jalonnée par un chiffre qui n’a pas cessé de faire des apparitions furtives. C’est le chiffre 4 et, loin de moi la numérologie, ça m’a interpellé. Je vous explique :
Nous étions 4 à participer ; le départ s’est fait à 08h30 de l’Hôtel Cravanserail à Nefta en 4X4 vers le site de tournage de Star wars dans une région appelée « ONG EJJMAL ». Le véhicule acceptait jusqu'à 8 occupants et, parmi nos compagnons de route, nous avons eu un champion marathonien, Mohsen RAJHI, qui nous a raconté, entre autres, qu’en une seule année, il avait participé à 4 marathons différents. Arrivés sur place, se sont 4 courses qui devaient avoir lieu. Outre les épreuves marathoniennes citées au début, il y avait la course des benjamins. Nous avons pris le départ vers 09h45 en plein désert. Nous ne nous attendions pas à avoir du "mou" sous les pieds et, les dunes n’ont pas arrêtée de nous narguer tout au long des 8 premiers kilomètres. Après le sable nous avons eu affaire au chott, tronçon éponyme de l’épreuve, suivi de la traversée d’un petit village et finalement la dernière ligne n’a pas été droite, mais plutôt dans les sinuosités de l’oasis de Nafta. Là encore se sont 4 terrains qui se sont déroulés sous nos pieds tout au long des 23 km (eh oui, plus qu’un semi) de l’épreuve éprouvante. Quand je dis nous je parle plutôt pour mes compagnons, car moi j’ai dû abandonner a…4 km de l’arrivée. Les raisons de l’abandon ? Ils sont 4 :
Principalement j’avais eu très mal au bas du dos au point ou, à un certain moment j’avais eu des nausées. Seconde cause, j’avais perdu mes repères de courses, ceux que j’avais dépassés tout au long de la course je les ai vus s’éloigner devant moi au bout du 4éme point de ravitaillement. Du coup, j’étais seul en plein désert sans savoir combien j’ai fait de kilomètres ni combien il me restait à faire. Ce qui a compliqué encore plus les choses, la maladie d’aquoibonisme m’avait frappé. A quoi bon finir la course ? Qu’est-ce que je fais ici ? Qu’est-ce qui m’a amené à accepter le défi ? Ça n’avait plus de sens et, la perte de sens est plus préjudiciable que la perte du sens. Quatrième raison, ou plutôt déraison, j’avais envie de goûter à l’échec. Il n’y a pas que la tentation du gain, il y a la tentation de l’échec aussi. Après tout, si je suis toujours gagnant, quel est le défi ? Plus haut plus loin plus fort, oui, mais en prenant de l’élan. Qu’est-ce que ça fait de perdre une course ? Il vaudrait mieux l’expérimenter maintenant alors que ma vie sportive n’est qu’à ces balbutiements. On se pose énormément de questions dans ces moments et, on malmène notre contrit, ou plutôt, c’est lui qui nous malmène. Une chose est sûre, on n’en sort que grandi.
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